Merci à tous...

....Qui m'avez témoigné votre sympathie. Merci pour les voeux de prompt rétablissement. Je vous rassure, je vais bien. J'ai une sinusite, mais c'est normal. Le nez cassé, c'est du passé.

J'étais seul en Turquie, je marchais en Grande Solitude depuis 185 jours - pardon Jean-Pierre, je n'oublie pas que nous avons marché 5 jours côte-à-côte - donc 180 jours de coupure, de retrait en moi-même et brusquement la bouffée de chaleureuse sollicitude ! Croyez-moi, cela me va droit au coeur !

Agressé et dévalisé en Turquie. Comment c'est arrivé.

Bêtement.  C'est la rencontre d'un touriste occidental avec trois jeunes chenapans qui opéraient dans le vieux quartier d'Antalya 'Kaleici'. Comme souvent dans ces cas-là, cela s'est traduit par des changements:

- un large sourire sur la face des uns (400 YTL, cela permet de frimer auprès des filles)

- changements d'orientation pour l'autre. Le nez a pris une orientation inhabituelle (en turc: 'deviasiyon'). Mes pieds ont pris la direction de Sallertaine (Vendée), ce qui change de Jerusalem (Israel). L'orientation de ma vie est passée aux mains de MAIF-Assistance.

Pourquoi est-ce que j'ai crié 'Help !' quand les chenapans me cognaient la face contre le pavé turc ? C'est idiot et discourtois pour les Turcs. Mon excuse, c'est que je ne sais pas dire 'Au secours !' en turc.

Incident de parcours, petit incident qui ne m'a pas du tout abattu ce jour-là. Après tout, un pèlerin qui se fait détrousser et estourbir, c'est un lieu commun depuis des siècles. La mauvaise rencontre de ce type était monnaie courante au Moyen-Age. Le récit se terminait de la façon suivante (ou quelque chose d'appochant):

"... le pèlerin se releva et se dirigea vers la maison la plus proche. On essuya son sang et on le conduisit à l'hospice. Il y resta deux jours et poursuivit son Chemin. Son pèlerinage accompli, de retour dans son pays, sa "deviasiyon" lui valut le sobriquet de .... (à vous de faire preuve d'imagination. J'aime bien 'bisou turc' ..... ou .... "pieds nus-nez tordu")

Au XXIème siècle on rapatrie par avion. 

La vie continue. Vivre, c'est pèleriner

Le vrai frère pèlerin, c'est celui qui m'a regardé et qui a lancé en rigolant:

"Alors, c'est ça ton nouveau nez. Je savais pas qu'ils t'avaient mis dans une maternité à Antalya !"

Lui, il a tout compris. Mon nouveau nez, ils vont le revoir à Antalya l'an prochain. Il aura cinq mois d'âge en mars 2006, l'âge de raison pour un nez. Il prendra le vent et la direction de Jerusalem.

Et en arrivant en Israel, je pourrai dire:

"Je t'apporte l'enfant d'une nuit d'Antalya"

I love Turkey

J'adore la Turquie

Hayat çok güzeil (la vie est très belle)

Laurent peregrinos

Les Bouchauds, 85300 SALLERTAINE France