A tous les amis et parents, a tous ceux qui veulent bien s'intéresser à mon pèlerinage...

Me voici arrivé à Portogruaro chez Giannino. Je remercie Baudouin Rossius de l'Union des Audax de France de m'avoir fait connaitre ce personnage étonnant de bonne humeur, qui est devenu un ami. Notre rencontre a commencè par un malentendu : il m'a dit qu'il venait à ma rencontre et m'a demandé vers quelle heure il pouvait partir. Je lui ai suggéré 2 h. ou 3 h. Je voulais dire de l'après-midi, il a compris du matin. Il a marché presque toute la nuit pour rien (il a cru que je m'étais arreté pour "pipi" et qu'on s'étais ratés). Je suis arrivé vers 15 h 30 à Portogruaro, juste au moment d'une averse. Je lui ai téléphoné et il est venu me chercher dans un bar ou j'avais trouvé refuge. Depuis, nous sommes très occupés tous les deux: lessive, courrier, réparations de matériel (pour moi), préparation de repas, coups de téléphone pour dire qu'il y a un pèlerin de Jérusalem à Portogruaro (pour lui). A diner, hier soir, il y avait un prètre de ses amis, Don Gino. Pizza et bonne humeur. Giannino m'a fait visiter son musée personnel.

Je ne sais pas comment dire comme je me trouve bien en Italie. La campagne est belle et riche. Tout est très vert. Les gens sont sympathiques et accueillants. Les Franciscains de Ponte di Barbarano m'ont fait manger comme quatre parce que c'était la fète du Sacré Coeur. Le lendemain, à Citadella, à la "canonica", c'était encore la fète du Sacré Coeur et c'était le festin pour moi.

Je laisse les choses m'arriver. Je ne planifie rien et "la vita è bella !"

La marche pieds nus, c'est bien plus complexe que j'en savais au départ de Noirmoutier. Mes pieds m'enseignent beaucoup de choses !

Je dis "au revoir" à l'Italie. Dans quelques jours, la Slovénie et la Croatie. Je ne sais pas si les pèlerins de Jerusalem y sont aussi bien accueillis que dans ce pays.

Je fais un envoi de papiers, de mini-disque et de cartes inutiles. J'ai marqué mon itinéraire sur la carte d'Italie. J'ai vraiment fait une découverte de l'Italie profonde, celle des petits villages (et de leurs curés). Ne vous étonnez pas si vous ne trouvez pas les noms des lieux ou j'ai fait étape sur les cartes que vous possédez. Certains ne sont pas plus grands que Sallertaine. Mais j'ai compris que ces "piccolo paese" me convenaient beaucoup mieux que les grandes villes, surtout les grandes villes touristiques. Je vais continuer à rechercher le calme, la tranquillité et la nature...

Aucun des documents que j'envoie n'est intime, interdit à la consultation. Tout ceux qui le veulent peuvent les lire ou les écouter.

 Je pense à vous tous,

 Amitiés du pèlerin

 Laurent